" Enseigner et apprendre sont des activités interchangeables.

On ne peut enseigner sans apprendre et on ne peut apprendre sans enseigner  " Elbe





Edudz est une plateforme d'apprentissage en ligne destinée aux professionnels de la formation continue. Par ces apprentissages, Edudz vise à améliorer et à développer les pratiques pédagogiques, les processus d’enseignement et à promouvoir par la même occasion les méthodes de formation des professionnels en contexte de la formation continue. Pour atteindre ces objectifs, Edudz s'appuie sur les apprentissages et les normes pédagogiques de haut niveau. Nos formations sont reconnues par l' AQFC. Nous respectons les septs normes de qualité et nous sommes autorisés à émettre des crédits de formation  continue (CFC). Un certificat et une lettre de suivis des apprentissages sont délivrés à la fin de chaque session de formation.


Réflexions sur la formation continue



La Formation continue (FC) est l'investissement le plus sûr qui permettra, d'une part, d'améliorer la qualité des offerts de service de formation à la société, et d'autre part, de rehausser le niveau des pratiques et des compétences dans tous les domaines professionnels. En d'autres termes, les institutions de formation, publiques ou privées, doivent impérativement prêter une attention et particulièrement aux normes de qualité des formations continues ainsi que leurs impacts sur les compétences professionnelles. La FC répond principalement à des objectifs de perfectionnement et de développement des compétences et des habiletés professionnelles requises pour assumer une ou plusieurs fonctions. La FC est en plein essor grâce aux multiples offres de service de formation des différentes sociétés savantes et autres organisations de formation notamment privées, mais la gestion tant académique que pédagogique de cet important bassin de fournisseurs de formation pose respectivement les problématiques de la qualité des programmes de formation et la qualité des pratiques pédagogiques des formateurs.


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Indignez-vous sur la qualité des formations continues

by Lord Pédagogie -

Publié dans Elwatan le 05 - 04 - 2020

La formation médicale continue (FMC) est au centre d’un grand débat dans les milieux de santé, car il est reconnu qu’aucun professionnel de la santé ne peut prétendre exercer son métier avec les seuls acquis de sa formation médicale ou universitaire initiale. Ceci est vrai pour toutes les activités professionnelles et surtout dans le domaine médical. L’exercice professionnel amène tout médecin à constater de possibles besoins d’apprentissage complémentaire en particulier au regard de l’évolution rapide des soins de santé, des savoirs et du développement de nouvelles techniques et compétences médicales.

La FMC est sans aucun doute l’investissement le plus sûr qui permettra d’améliorer la qualité des services de soins offerts à la société, et de rehausser le niveau des pratiques et des compétences dans tous les domaines disciplinaires ou de spécialisations. Pour ce faire, les organisations de formation doivent impérativement prêter une attention particulière aux impacts et retombées positives de la FMC sur les pratiques des professionnels de la santé et sur la qualité des services de soins offerts à la population en particulier et de la société en général.

La nécessité de faire des apprentissages complémentaires ne fait que débuter et être présente durant toute la carrière d’un professionnel de la santé, car ce siècle est caractérisé par un renouvellement rapide des connaissances et il est difficile pour un professionnel de la santé de demeurer au fait des dernières données scientifiques disponibles. En d’autres termes, la FMC est le lieu idéal pour la mise à jour des connaissances et des compétences pour favoriser le transfert des apprentissages et finalement de se tenir au fait des pratiques et techniques de soin les plus récentes.

En général, la FMC répond principalement à des objectifs de perfectionnement et de développement des compétences et des habiletés professionnelles requises pour assumer une ou plusieurs fonctions de soins. À cet effet et avant que tout médecin s’engage en FCM, il est de son droit élémentaire d’exiger de l’organisation de formation son accréditation par un organisme autonome et compétent pédagogiquement parlant, et non pas sur une simple présentation d’une autorisation administrative d’exercice professionnelle.

Il est également du droit élémentaire du médecin de consulter les critères pédagogiques reflétant la qualité des apprentissages, des enseignements, ainsi que les compétences tant pédagogiques que disciplinaires du formateur. Il ne suffit pas au formateur d’être expert dans son domaine médical, mais également d’être doté d’expertise pédagogique pour assurer des apprentissages et des enseignements de qualité selon les normes en vigueur d’autant que les pratiques et les compétences pédagogiques ont un impact sur la pratique medicale et la qualité des soins de santé.

Sans prétendre avancer qu’il existe en Algérie une grande culture de formation médicale continue, cette dernière est en plein essor grâce aux multiples offres de formations des différentes organisations de formation notamment privées dans tous les champs disciplinaires en sciences de la santé. La gestion tant académique que pédagogique de cet important bassin de fournisseurs de FMC pose de nombreux problèmes de reconnaissance institutionnelle et surtout la qualité des apprentissages et des enseignements en FMC.

En d’autres termes, la profusion des offres FMC donne matière à réflexion quant à la crédibilité de leur finalité pédagogique, médicale et sociale. De plus, il y a également matière à réflexion quant à la qualité de conception de leurs curriculums de formation, de leurs programmes disciplinaires et de la qualité des formations en termes des apprentissages et des enseignements.

Il en est de même de l’absence d’évaluation de ces formations par un organisme autonome, compétent et doté d’expertise pédagogique reconnue au niveau local. De plus, il est également important de prendre en considération la qualité des FMC en absence des normes de pratiques pédagogiques en vigueur surtout de pratique d’enseignement. En d’autres termes, il y a un vaste champ de réflexion pour discerner et décortiquer tous ces aspects suscités, et surtout pédagogiques de toutes les offres de FMC en Algérie.

Il est d’emblée important de signaler qu’aucun programme en contexte de la formation continue n’est reconnu directement par le ministère de la Santé. Les offres de formation qui prétendent l’être ne le sont que seulement à l’intérieur de leur organisation d’une manière tacite ou implicite en l’absence de toute évaluation de la formation ou par un organisme autonome et compétent dans le domaine de la conception des programmes et des curriculums de formation.

Une attestation de FMC est un document délivré par l’organisation de formation reconnaissant au titulaire un niveau de capacité vérifié par un contrôle ou une évaluation des apprentissages. Dans notre contexte professionnel et socioculturel, une attestation de formation atteste le plus souvent de la participation à une action de formation sans évaluation des apprentissages. À cet effet, une attestation de formation ne prouve en rien la qualité et la profondeur des apprentissages. Ces formations sont le plus souvent à titre informationnelles, unidirectionnelles sur le plan des enseignements et l’impact sur le transfert des apprentissages est souvent limité d’autant que les activités d’apprentissages sont souvent absentes. En général, une attestation de formation médicale continue s’étale sur une à deux journées et totalise en moyenne 8 - 16 heures de formation en présentiel.

De plus, les attestations de formation font rarement partie d'un programme d'apprentissage qui soit cohérent, c'est-à-dire, qui réponde aux exigences d'une planification méthodique et pédagogique des enseignements, des apprentissages et surtout, qui « contextualise » adéquatement les FMC en tenant compte des particularités de la formation de chaque domaine professionnel des soins de santé. De plus, les connaissances acquises par les professionnels de la santé lors de ces formations courtes se traduisent difficilement sur le terrain par la transformation des attitudes, des habiletés et des pratiques cliniques en milieu de santé.

Un certificat en contexte de la formation continue comptabilise 140 heures d’apprentissages étalés sur une période suffisante pour s’assurer de la qualité et de la profondeur des apprentissages, et du transfert des acquis. De plus, un certificat de formation est parachevé par des évaluations formatives et continues des apprentissages selon les normes docimologiques en vigueur, et suivi de rétroaction formative. En d’autres termes, un certificat de formation certifie que l’apprentissage est de qualité et doté d’un programme selon une approche par compétence, des buts de formation claire, des objectifs d’apprentissage précis, de critères d’évaluation cohérents, d’une note finale ainsi qu’une lettre de suivi des apprentissages pour chaque apprenant. Finalement, un certificat peut faire partie d’un curriculum ou programme de formation à l’exemple des universités de l’Amérique du Nord.

Par ailleurs, l’absence d’un organisme autonome et compétent en évaluation des programmes de FMC en Algérie, les fournisseurs de formations sont confrontés à la reconnaissance académique et pédagogique de leur programme disciplinaire. De plus, il existe un vide juridique pour la reconnaissance de ces formations au ministère de la Santé, et voire l’absence de ressources humaines compétentes pour l’évaluation pédagogique des programmes disciplinaires en contexte de la FMC.  Certains organismes de formation Algériens se sont orientés vers des institutions européennes et canadiennes pour faire reconnaitre et faire valoir leur programme de formation selon les normes pédagogiques en vigueur.

Selon la société de formation et d’éducation continues au Canada, une formation continue est reconnue et validée compte tenu du respect de dix critères de qualité pédagogique et administrative. Il est exigé des organismes fournisseurs de formation continue de respecter les dix normes de qualité afin d’être autorisé à émettre des unités d’éducation continue (UEC). Cet organisme autonome définit l’UEC comme dix heures de participation à une activité structurée de formation, organisée et dirigée par une organisation accréditée, animée par des formateurs compétents et sanctionnés par une évaluation des apprentissages.

Il est important à ce que le ministère de la Santé comble le vide juridique pour reconnaitre et promouvoir un organisme autonome pour la reconnaissance académique et pédagogique des programmes disciplinaires, car promouvoir la culture de la FMC est à la base du développement des compétences dans toutes les activités et domaines scientifiques et professionnels. Il est également important pour le ministère de la Santé d’encourager les organismes privés fournisseurs des services de formation continue de qualité selon les normes pédagogiques en vigueur.  

Finalement, on ne rappellera jamais assez que le bricolage et l’amateurisme dans la gestion pédagogique de FMC doivent cesser pour donner la chance aux ressources humaines compétentes de faire valoir leur savoir-faire et savoir agir dans le domaine de la gestion de formation. La notion de certification qualité ou de l’assurance qualité en contexte de FMC doit être soutenue et promue comme outil de gestion des formations tant sur le plan pédagogique que sur le plan administratif.


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Réflexions - Pourquoi je contribue dans la presse ?

by Lord Pédagogie -

 Publié dans El Watan le 16-01-2018

Je contribue et je contribuerai dans la presse algérienne pour dire et signifier à ceux qui désirent l'entendre que les problématiques de nos universités et de nos facultés de médecine sont présentement d'ordre pédagogique, d'autant qu'il semble y avoir une volonté politique des responsables du ministère de l'Enseignement supérieur pour le renouveau pédagogique et une prise de conscience des enseignants du supérieur en faveur de l'amélioration des apprentissages et des enseignements pour répondre aux besoins de la société et du marché du travail.

Je contribue parce que mon premier rôle en tant que médecin et expert en pédagogie est d'influencer la communauté des sciences de la santé et les universitaires dans mon domaine de prédilection, mais également, ma mission première est autant éducative que pédagogique pour espérer un sursaut en faveur de l'amélioration de la formation médicale et universitaire en Algérie. A cet effet, il est également de mes préoccupations premières de servir la société, et d'être utile à la corporation médicale et universitaire .

Je contribue parce que mes écrits sont d'ordre réflexif pour donner du sens à mes pensées et de la signification à mes textes au service de la communauté médicale et universitaire. De plus, écrire reste le seul, unique et dernier acte de résistance qui me reste pour sévir contre la médiocrité.
En d'autres termes, je n'ai pas d'autres alternatives que d'écrire en espérant que les bonnes oreilles seront à l'écoute de mes réflexions et cogitations, car les canaux de communication sont difficiles d'accès. Dans ce sens, je publie dans la presse algérienne plus particulièrement dans la presse francophone qui m'a ouvert grandes ses portes. Et pour cela, je ne remercierai jamais assez ses responsables.
Je contribue pour que nos universités et facultés de médecine soient des lieux d'apprentissage crédibles et innovants, mais un élément fondamental est souvent oublié : la pédagogie. Or, c'est par la pédagogie que ces institutions fonctionnent en tant qu'instances de construction des savoirs. A cet effet, ces institutions doivent faire connaître leur professionnalisme par la manifestation de leur savoir-faire en pédagogie. En d'autres termes, l'université et la faculté de médecine sont dans l'obligation de se procurer une visibilité académique par l'affirmation de leur savoir-faire pédagogique et par l'engagement de leur responsabilité sociale.
Je contribue pour qu'au sein de l'université, l'enseignement constitue sa mission première, et la qualité de l'acte d'enseigner dispensé doit être plus que jamais au cœur des préoccupations des autorités universitaires et des doyens des facultés de médecine, mais également pour soutenir qu'enseigner n'est pas aussi simple qu'on le prétend, car enseigner à l'université ou en sciences de la santé est une pratique beaucoup plus complexe.
A cet effet également, il faut sensibiliser et conscientiser les enseignants du supérieur à s'interroger sur leur pratique pédagogique et leur faire savoir qu'enseigner dans le supérieur est un métier qui évolue, et pourtant, que font les établissements universitaires pour préparer leur enseignant à l'exercice de cette vocation première de l'université ?
Je contribue pour éclairer la collectivité universitaire sur les réformes des curriculums de formation pour espérer une mutation en faveur de l'amélioration de la qualité des apprentissages en contexte de l'enseignement supérieur. Ainsi, il est important de se rappeler qu'il n'y avait jamais eu de «débat pédagogique» sur le LMD, d'où la difficulté de son acceptation, application et intégration au sein de la communauté universitaire.
De plus, le LMD n'était ni soutenu ni renforcé par les approches pédagogiques modernes telles que l'approche par compétences et l'approche programme pour harmoniser les programmes de formation. Par ailleurs, il n'y a jamais eu de refonte ou de réingénierie des programmes disciplinaires ni des méthodes d'enseignement, ni celle d'évaluation des apprentissages.
Je contribue pour sensibiliser à l'idée que la réforme du curriculum de formation médicale risque de subir le même sort que le LMD. En d'autres termes, la formation médicale risque d'évoluer dans deux systèmes d'apprentissage différents et parallèles. De plus, il est de mon devoir de plaider en faveur des revendications pédagogiques des apprenants pour que ces derniers soient au centre de toute réforme du curriculum de formation.
Or, ils sont les grands absents de cette réforme. Par ailleurs, il de l'intérêt de la communauté médicale que cette réforme soit accompagnée par un renouveau pédagogique à des fins de professionnalisation du corps des enseignants en milieu de santé .
Je contribue pour soutenir que chaque faculté de médecine soit soumise socialement à une obligation de satisfaire les besoins pédagogiques des apprenants et de fournir à la société des médecins autonomes et compétents en mesure d'assurer, partout en Algérie, des soins de santé de qualité.
En d'autres termes, l'apprenant doit être au cœur de sa préoccupation pédagogique et le patient au centre de sa préoccupation médicale, d'autant qu'on attend des médecins qu'ils accordent une très grande importance à la qualité des soins. A cet effet, chaque faculté de médecine doit être responsable de l'ensemble du cheminement pédagogique des apprenants qui lui sont confiés par la société pour toute la durée du cursus de formation en contextes des sciences de la santé.
Je contribue pour que la qualité de l'expertise pédagogique des formateurs en sciences de la santé soit plus que primordiale, car elle est l'un des indicateurs de la qualité des apprentissages et des soins de santé de haut niveau. En d'autres termes, se former à la pédagogie médicale pour enseigner est d'une dimension éthique et déontologique afin d'outiller les hospitalo-universitaires en habiletés pédagogiques pour enseigner. De plus, la qualité des prestations des soins prodigués aux patients ainsi que tous les autres services rendus à la société dépendent de la qualité de l'acte d'enseigner.
Ce dernier doit être le facteur essentiel capable de créer les conditions nécessaires à l'émergence d'une culture pédagogique au sein de toutes les facultés des sciences de la santé.
Je contribue pour susciter des réflexions à l'endroit de mes confrères en sciences de la santé et de mes collègues universitaires ainsi que
pour les responsables de l'enseignement supérieur. L'université algérienne est-elle vraiment aussi centrée sur la recherche qu'on le prétend ?
Est-elle si réfractaire au changement et à l'innovation pédagogique en contexte de l'enseignement supérieur ? A cet effet, il est important d'encourager les universitaires à se former en pédagogie pour espérer une mutation en faveur de l'amélioration qualitative des enseignements parce que le changement vient de nous-mêmes et non pas d'ailleurs.
Je contribue parce que l'enseignement au sein de la culture universitaire ne semble pas être la priorité des responsables des établissements universitaires.
Ces derniers se soucient très peu de la qualité de l'acte d'enseigner au profit de la course à l'excellence dans la recherche et d'ignorer la pédagogie en général et ses bonnes pratiques en particulier. A cet effet, la qualité de l'enseignement doit servir de levier à l'optimisation des apprentissages et des pratiques pédagogiques. En d'autres termes, cela consiste à accroître sa reconnaissance au sein de l'environnement universitaire et de procurer de la visibilité à l'ensemble des activités de planifications pédagogiques visant à améliorer la qualité des formations, mais surtout de l'affirmer publiquement.
Je contribue pour réduire les écarts qui existent entre les mécanismes de promotion et de progression de carrière afin de faire reconnaître les réalisations méritoires des enseignants dans la double mission de l'université : enseignement et recherche. Pour ce faire, il faut proposer de nouveaux modèles de reconnaissance et de récompense des deux volets. Ce modèle peut prendre appui sur une parité claire et transparente entre les activités d'enseignement et les activités de recherche.
Je contribue pour qu'au recrutement des enseignants, la notion de certification en pédagogie et le concept de l'épreuve pédagogique soient soutenus et promus comme outils de sélection et de promotion ainsi qu'à toutes les étapes de la progression de carrière des enseignants du supérieur. Pour ce faire, une réforme des textes et des arrêtés ministériels régissant tous les concours de recrutement sont plus que nécessaires pour s'adapter à l'évolution de la réalité professionnelle et des pratiques pédagogiques en vigueur .

Je contribue pour que la Formation continue (FC) soit l'investissement le plus sûr qui permettra, d'une part, d'améliorer la qualité des services offerts à la société et, d'autre part, de rehausser le niveau des pratiques et des compétences dans tous les domaines disciplinaires autant en milieu de santé qu'en milieu universitaire. En d'autres termes, les institutions de formation, publiques ou privées, doivent impérativement prêter une attention particulière aux impacts et retombées positives de la FC comme prestation de service sur le quotidien de la population en particulier et de la société en général.

Je contribue pour une plus grande participation des ressources humaines compétentes en pédagogie médicale et universitaire afin de faire valoir leur savoir-faire et savoir-agir, que ce soit «au sein ou en dehors» des structures universitaires et des facultés de médecine. Finalement, c'est mon devoir et mon rôle de citoyen de faire entendre ma voix et celle de tout universitaire et professionnel de la santé désirant concrétiser l'idée de l'amélioration de l'acte d'enseigner et des pratiques pédagogiques en contexte de l'enseignement supérieur et des sciences de la santé.

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Dossier enseignement : un outil de valorisation pédagogique

by Lord Pédagogie -

Publié dans Liberté le 10 - 05 - 2015

Le dossier enseignement est le portfolio de l'enseignant (teaching portfolio) consacré exclusivement à l'acte d'enseigner en milieu universitaire. Il est également l'équivalent du dossier recherche pour le volet recherche. Le dossier d'enseignement est un document élaboré par l'enseignant à plusieurs reprises durant sa carrière professionnelle. À titre formatif, il permet à l'enseignant de valoriser la qualité de ses enseignements et ses accomplissements en pédagogie universitaire d'une manière rétrospective et prospective. À titre sommatif, il permet une évaluation par l'administration universitaire à des fins de promotion, de recrutement, de nomination ou de titularisation.
La plupart des universités nord-américaines recommandent à leurs enseignants et professeurs d'université de rédiger leur dossier d'enseignement. L'évaluation des enseignements par les étudiants américains à Harvard, aux Etats-Unis, est à l'origine de l'émergence du concept du dossier de l'enseignement. Quelques années plus tard, le dossier enseignement été pris en charge par les responsables universitaires et intégré comme outil de valorisation pédagogique des enseignements et de promotion de carrière des enseignants universitaires.
Ces pratiques et procédures sont très peu développées chez nous du fait que le modèle de promotion appliqué est axé principalement sur le volet recherche. De plus, ne sont pas nombreuses les universités et les institutions algériennes qui disposent de processus de rédaction du dossier enseignement comme outil de promotion professionnel, de valorisation des enseignements et des formations universitaires. En effet, nos enseignants universitaires ont cumulé des années en enseignement, mais c'est sur la base de leur contribution en recherche et en publications scientifiques qu'ils seront évalués et promus. De plus, pour le recrutement des enseignants universitaires, les promotions et le développement de la carrière professorale, la recherche est le plus souvent le critère essentiel, et c'est parfois le seul critère à considérer.
Pour la mobilité professionnelle comme pour le renouvèlement des contrats pour les chargés de cours ou pour les demandes de subventions, lorsqu'un enseignant ou un professeur rédige son cahier des charges, son curriculum vitae ou son portfolio, il met notamment en évidence ses domaines d'intérêts en recherche, ses publications scientifiques, ses participations à des séminaires et ses nombres d'heures ou d'années d'enseignement. Hélas, aucun de ces éléments ne reflète la qualité du dossier enseignement, ni de l'acte d'enseigner ou des enseignements, y compris le nombre d'années d'enseignements. Ce dernier représente une pondération quantitative et non qualitative, et il ne nous renseigne en rien sur la richesse du dossier enseignement, ni sur les habilités à enseigner ni sur la qualité pédagogique de l'acte d'enseigner. La composante pédagogique est simplement ignorée, voire dévalorisée, ce qui permet de promouvoir et de rehausser la compétence de chercheur et non pas celle d'enseignant universitaire.
Durant tout son parcours professionnel, un enseignant universitaire ne rédigera probablement un dossier d'enseignement que trois ou quatre fois. Il l'utilise pour réfléchir sur ses activités d'enseignement, et pour démontrer de façon explicite la qualité de son acte d'enseigner à des fins d'assurance qualité et de promotion. Hélas, l'absence de reconnaissance institutionnelle de l'investissement en enseignement est une barrière essentielle et majeure à l'implication et à l'engagement des enseignants en faveur du dossier enseignement.
De plus, l'absence de la culture d'évaluation institutionnelle des enseignements par les étudiants représente également un obstacle à l'émergence du dossier enseignement comme outil d'amélioration de l'acte d'enseigner en milieu universitaire. En d'autres termes, les processus et modalités d'évaluation des enseignements par les étudiants dans les établissements du supérieur sont quasiment absents. Pour évaluer les enseignements, il faut aussi doter les structures universitaires en intervenants compétents en pédagogie universitaire, et en mesure et évaluation. La raison d'être du dossier enseignement est principalement pédagogique au regard de la complexité de l'acte d'enseigner en milieu universitaire. Enseigner n'est pas aussi simple que l'on prétend. De plus, les enseignants ne disposent pas de suffisamment de ressources pédagogiques nécessaires et ils n'utilisent pas les bonnes méthodes d'enseignement et stratégies d'apprentissage pour procurer des enseignements de qualité centrés sur les étudiants. Par le passé, la plupart des enseignants enseignent selon un modèle traditionnel basé sur la transmission des connaissances. Ce dernier est plus ou moins planifié, voire improvisé et, parfois, fait appel au bon sens et à l'intuition.
Actuellement, l'enseignement est une activité beaucoup plus complexe. Tout enseignant doit pouvoir démontrer de manière concrète son habileté à enseigner avec rigueur, efficacité et selon les normes modernes en sciences de l'éducation. Enseigner à l'université n'est plus seulement une activité de transmission des connaissances par le biais d'exposés magistraux unidirectionnels ou à sens unique. L'enseignant est amené à animer des études de cas, à concevoir et à superviser des laboratoires, encadrer des stages et des projets en équipe, et à organiser des ateliers et des séances d'apprentissage par problèmes. Ces activités pédagogiques ont un impact direct sur la prestation de son enseignement, l'évaluation des apprentissages et notamment sur la qualité de la formation universitaire.
Désormais, enseigner à l'université exige de tenir compte des besoins de la réalité professionnelle et de procurer des enseignements centrés sur l'apprenant et les apprentissages. Ces derniers nécessitent des stratégies pédagogiques interactives, dynamiques et assurant le développement non seulement l'expertise disciplinaire, mais également des compétences organisationnelles, relationnelles et communicationnelles. Cette nouvelle perspective exige de l'enseignant la planification et l'organisation d'une variété d'activités pédagogiques riches et diversifiées. À cet effet, l'enseignant découvre dans le dossier d'enseignement un outil et une procédure qui lui permet de brosser un tableau précis sur la complexité de l'acte d'enseigner et de prouver ces compétences pédagogiques à la résoudre.
L'utilité première du dossier enseignement est un arrêt réflexif, volontaire et personnel de l'enseignant à des fins d'auto-analyses, d'assurances qualité et d'amélioration des enseignements et des formations universitaires. Cette pause réflexive permet à l'enseignant d'établir un bilan de sa carrière professionnelle et de sa progression en enseignement. Il lui permet également de reconnaître ses forces et faiblesses en enseignement, de traduire sa vision à propos de l'acte d'enseigner et de mettre en valeur ses réalisations pédagogiques. La deuxième utilité du dossier enseignement est à des fins d'évaluations administratives et de promotion universitaire.
L'enseignant s'en sert alors comme un outil de présentation et de mise en valeur de ses activités pédagogiques aux collègues, aux pairs, au directeur de département, au responsable de programme et aux comités d'évaluation. La troisième utilité du dossier enseignement est une valorisation de l'enseignant, comme acteur principal, par son rayonnement en enseignement, par sa contribution à l'établissement et par sa promotion du dossier enseignement au sein de la culture universitaire.
Pour que le dossier d'enseignement soit introduit puis appliqué en Algérie, le ministère de l'Enseignement supérieur (MESRS) et les autorités universitaires devraient avoir le courage de proposer de nouveaux modèles pour reconnaître et récompenser les deux volets recherche et enseignement de la mission universitaire et d'adopter des mesures plus égalitaires en matière de valorisation et de promotion des enseignants. Ce modèle peut prendre appui sur une parité claire et transparente entre le dossier enseignement et le dossier recherche.
Pour ce faire, le ministère de l'enseignement supérieur (MESRS) doit favoriser et encourager la préparation, la rédaction du dossier d'enseignement et l'intégrer dans les critères de promotion professionnelle, de recrutement, de nomination ou de renouvellement de contrat des chargés de cours. En d'autres termes, il est plus que nécessaire à ce que le dossier d'enseignement occupe une place importante dans la progression de la carrière professorale et que le volet enseignement compte autant que le volet recherche.
Il est impératif à ce que le dossier enseignement reflète l'excellence en enseignement et qu'il soit connu et reconnu respectivement par les pairs et l'administration universitaire pour les enseignants qui se distinguent, et en leur attribuant des prix d'encouragement. À ce titre, il faudrait instaurer un prix d'excellence en enseignement au niveau de chaque université afin de promouvoir le dossier enseignement au sein de la communauté universitaire.
Il est important pour le ministère de l'Enseignement supérieur (MESRS) et les responsables des établissements universitaires de sensibiliser, informer, organiser des colloques, des formations continues sur la valorisation des enseignements et sur le dossier enseignement à des fins d'assurance qualité et de progression de carrière. Cette démarche doit être claire, ciblée, bien organisée, structurée, formative et conçue par des personnes compétentes en pédagogie universitaire. Il ne suffit pas de décréter le dossier enseignement comme une obligation administrative, mais de soutenir cette démarche et initiative par des arguments tangibles, convaincants et cohérents afin de s'assurer de l'engagement et de l'implication des enseignants à rédiger leurs dossiers enseignement.
L'amélioration des enseignements ne peut se concevoir sans le soutien, l'implication et la collaboration pragmatique du ministère de l'Enseignement supérieur (MESRS), et d'ordre pratico-pratique des responsables universitaires. En effet, les stratégies les plus efficaces pour améliorer les enseignements sont principalement et respectivement la reconnaissance explicite de la promotion universitaire ainsi que les gestes concrets, et les contributions des recteurs des établissements et les doyens des universités pour valoriser l'acte d'enseigner et l'enseignement.
Pour un établissement du supérieur, encourager les enseignants à rédiger un dossier d'enseignement constitue un signal fort de valorisation de l'enseignement. En d'autres termes, recommander la rédaction d'un dossier d'enseignement constitue un geste concret de la part du ministère de l'Enseignement supérieur (MESRS) et de son engagement certain en faveur de l'amélioration des enseignements. Cela constitue également un geste tangible que l'acte d'enseigner et l'enseignement occupent des places importantes parmi les autres missions de l'université. Finalement, il est essentiel à ce que le ministère de l'Enseignement supérieur (MESRS) révise les normes de progression des carrières tout en intégrant la certification ou la formation à la pédagogie universitaire comme critère de promotion, de recrutement, de nomination ou de titularisation.
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